Grotesque au poète - Photo Presse
Jerusalem - Al Hayat, le 10 juin 2009.

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Le centre culturel franco-allemand a organisé hier une exposition de tableaux reproduisant des scènes  extraites de l’ouvrage de Sharif Kanaana « Abu Ali .. Im Ali », tableaux  exécutés par l’artiste contemporaine Veronique van Eetvelde.

 L’artiste s’est inspirée dans ses œuvres d’une histoire légendaire palestinienne, recueillie par l’écrivain Kanaana auprès d’une dame, originaire d’un village galiléen, dans les années 70.

 L’histoire parle d’une pauvre famille arabe musulmane, dont les membres, adeptes du fatalisme,  travaillent dur pour gagner leur vie.

 S’adressant à notre correspondant, van Eetvelde a dit :

 «  Je vis en Palestine depuis trois ans.  J’ai voulu absolument faire la connaissance du peuple palestinien.  C’est pourquoi je m’étais  adressée au Centre culturel français de Jérusalem pour m’informer sur la culture palestinienne.  J’ai obtenu des livres traduits par l’écrivain Sharif Kanaana, dont  une histoire de mon choix,  intitulée « Abu Ali ..  Im Ali » .

 «  J’ai beaucoup apprécié tous ces livres.  L’histoire d’Abu Ali .. Im Ali dégage beaucoup d’optimisme, de sourires, et d’aspects comiques.  Toutes les histoires sont expressives ; et

«  il existe des points en commun entre ces contes  et les contes Grimm et de Perrault.

 Cet ouvrage, disait-elle, reflète un effort de son côté de sauver le patrimoine palestinien  d’une disparition et d’un oubli, voir de le garder  en vie. Or les circonstances difficiles que vivent les Palestiniens pourraient  conduire à la disparition de ce patrimoine.  Les familles palestiniennes, d’après Véronique, sont caractérisées par des sentiments fervents et chaleureux, à une dimension humanitaire notoire.  Voici de ce que j’ai ressenti pendant le temps que j’ai cohabité avec une famille de Shu’afat ; j’ai été traité comme l’une des leurs » 

 Véronique souhaiterait que le peuple palestinien trouve le temps pour  lire cette histoire dans le but de conserver le patrimoine palestinien, riche en  contes caractérisés et stimulants.  Elle a remercié l’assistance  de sa  présence, et de sa  participation,  ainsi que le centre culturel franco-allemand pour avoir accueilli cette exposition.

 De son côté Philippe Guguet Bologne, directeur du centre,  a déclaré que  l’idée de tenir cette exposition est venue très vite, très subite, et il  fallait encore obtenir l’aval de l’artiste Véronique van Eetvelde.

 «  L’idée en soi est fascinante, car elle se déroule en Palestine.  Il existe tant d’idées propres à la Palestine qui méritent d’être retenues.

  Pour sa part l’écrivain Kanaana a dit que « le type de famille esquissé par l’artiste belge van Eetvelde est celui  qui parait dans les contes populaires palestiniens où le mari est un homme simple, naif, au point d’être « stupide », alors que la femme, elle, jouit d’une forte personnalité, et contrôle la conduite de son mari, mais furtivement.

 «  La personnalité naive du mari est comparable à celle de Goha, une personnalité exprimant un mélange de « sage-idiot »  qui dit des choses sans réfléchir.  Mais ces choses  s’avèrent par la suite d’une certaine sagesse, à grand effet – c’est précisément la personnalité d’Abu Ali dont il est question dans le conte. 

 D’après lui, tout lecteur  peut s’imaginer les pesonnages à sa façon, en fonction de son environnement, de son expérience et de sa culture.  Des tableaux présentés dans l’exposition,  l’artiste belge semblerait avoir  vu les personnages de l’histoire se promener dans les rues de Jérusalem ;  mais le tableau que je préfère  est celui qui illustre Abu Ali assis sur le sable, s’imaginant sa femme à la maison, offrant de la nourriture aux enfants.