Grotesque au poète - Photo Presse
Jerusalem - Al Ayyam dimanche 1er juin 2008.
(cliquez ici pour voir l'article original en arabe)

Une artiste utilise des coupures de presse pour exprimer certains aspects du quotidien des palestiniens.

L'artiste Véronique van Eetvelde utilise des coupures de presse, dont Al Ayyam, pour réaliser des toiles consacrées à Jérusalem et aux Palestiniens. Ses oeuvres furent particulièrement appréciées par les visiteurs, locaux et étrangés, qui les ont  admirées hier soir dans le cadre de l'Exposition Barakat, à l'American Colony à Jérusalem.

Parmi les oeuvres exposées, on notait des toiles consacrées au mur (de séparation), à la Nakba (=la catastrophe), et aux barrages - des faits auxquels Véronique a été confrontée au cours de son séjour de deux ans à Jérusalem.

"J'utilise des coupures de Al Ayyam, nous disait l'artiste Véronique, car ces articles traduisent l'environnement des Palestiniens, rédigés dans leur langue. Ce que je vois, ce que je ressens y est interprété, que ce soit à Jérusalem, Ramallah, Gaza et ailleurs. J'utilise aussi des citations de la Bible, comme toiles de fond des peintures, portant aussi sur des vues de la Terre Sainte. Je colle les coupures sur la toile et ensuite j'exécute mon propre dessin."

"J'utilise trois couleurs dans mes toiles; le jaune (exprime le desert et la pierre de Jérusalem), La Terre de Sienne (La Terre de Jérusalem et plus particulièrement celle que l'on voit quand on descend de Jérusalem vers Jéricho.), Le vert (rappelant l'olivier). J'ai également utilisé le bleu nuit dans un seul tableau, représentant les rois mages se déplaçant vers Bethléem pendant les heures de la nuit, le Mur les empechant d'y accéder.

"Les peintures à l'huile illustrent des sites et des habitants de la vieille ville de Jérusalem, de Shou'afat, où je vis, et aussi de Beit Hanina, du Mont des Oliviers, et de tous les coins de Jérusalem Est, ainsi que les Bédouins de la vallée du Jordain.

Interrogée sur les motivations du choix de cette méthode de travail, Véronique nous explique:

"Je vis à Jérusalem depuis environ deux ans. Avant je vivais à Rome. C'était un environnement différent, et je peignais des sujets inspirés du passé, des artistes anciens. Arrivée à Jérusalem, ce fut pour moi comme un choc, la situation étant radicalement différente de celle connue à Rome. D'où un style et une thématique progressivement différente. Les premiers mois, je n'ai rien fait. Mais j'ai été très sensibilisée par la situation. J'en avais entendu parler, mais je ne me l'imaginais pas aussi tragique. Je peins les Palestiniens, car je vis avec eux, dans leur milieu, à Shou'afat. Je suis également sensible à leur hospitalité, qui m'a beaucoup touchée.

"Je connais une amie palestinienne qui habite dans le meme immeuble. Je l'interrogeais souvent sur ce qui paraissait dans le journal. Elle m'expliquait un peu les comptes rendus sur les barrages, les colonies de peuplement. Et comme je vis cette réalité, je choisis ces articles pour servir d'arrière plan à mes oeuvres. II ne s'agit pas de sélectionner des informations, et les images qui paraissent dans le journal, pour donner une représentation biaisée de la réalité, mais de scrupuleusement traduire le quotidien que je vis et que je vois.

"L'organisateur très impressionné m'a affirmé n'avoir encore jamais vu une telle façon de peindre auparavant."

Véronique se sent très satisfaite, et heureuse des réactions des visiteurs palestiniens et étrangers.